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Carlo Giuliani, ragazzo

Mise en scène: Francesca Comencini
Production: Luna Rossa Cinematografica
Scénario: Francesca Comencini, Luca Bigazzi
Montage: : Linda Taylor
Année: 2001
Aujourd'hui en vente en cassette VHS.

"Une mère raconte la brève journée de son fils, de sa sortie de la maison un midi de juillet jusqu´à ce qu'une balle, tirée en pleine tête, le tue dans l´après-midi. Une autre mère écoute et enregistre sa voix, son visage, son histoire. Entre les deux femmes, les foules qui envahirent Gênes pour devenir la pierre sur laquelle les seigneurs de ce monde devaient trébucher, pour être la pierre angulaire d´une nouvelle maison-monde. Aujourd'hui, le jeune Carlo Giuliani, fils de Haidi, est cendres. Sa mère ne maudit pas le jour, l´heure, l´assassin. Elle parle de son fils tué dans la rue et nous le donne en héritage parce que ce fils est à nous, et il reste sur la place." (Erri De Luca).



Un anno senza Carlo(Un an sans Carlo)
par Haidi and Giuliano Giuliani
en collaboration avec Antonella Marrone (journaliste à l´Unità)
Editions Baldini&Castoldi (pag.128, euros 11,40)

Gênes, le 20 juillet 2001: durant les affrontements entre forces de l´ordre et manifestants anti-G8, sur la Piazza Alimonda, quelqu'un tire deux coups de pistolet d'un fourgon blindé des carabiniers. Un de ces coups atteint en plein visage un garçon, Carlo Giuliani, 23 ans, et le tue. Carlo avait dans ses mains un extincteur.
Un an plus tard - un an de polémiques politico-judiciaires, d'enquêtes de la police judiciaire génoise et de commissions d´enquêtes parlementaires, de dépistages et de coups de théâtre - la journaliste Antonella Marrone a rencontré Haidi et Giuliano Giuliani, les parents de Carlo, pour une confrontation-confession sur comment leur vie a changé après la mort de leur fils. De tout cela est né un livre, une sorte de journal entre le passé et le présent, un canevas de pensées, souvenirs et voix qui se tissent entre eux.
Un an sans Carlo est le chemin orgueilleux d´un père et d´une mère vers une vérité encore niée, une année de travail et d'attentifs examens de photos, vidéo-documentaires et de documents sur les journées de Gênes. Un an pendant lequel le désespoir a laissé place à l´engagement social: informer (dans les écoles, les assemblées syndicales et forums sociaux), réveiller les consciences, " mettre en garde ", par leur témoignage, les autres jeunes et faire en sorte que l´on n'oublie pas Carlo est devenu la raison de vivre des Giuliani.
Le livre est une dénonciation, lucide et consciente. Il insinue le soupçon que, ce jour maudit, ceux qui étaient responsables des forces de l´ordre aient voulu hausser le niveau de la provocation afin de pouvoir autoriser la répression, créant ainsi les conditions pour ce "piège" qu´est devenu Piazza Alimonda. Mais il n´y a pas de haine, on ne crie pas vengeance, au contraire, on offre une très haute leçon morale : le droit à la justice va au-delà de la compensation financière proposée aux parents de la victime et concerne l´État de droits (humilié en ces jours du G8); si, donc, cette tragédie peut servir, c´est uniquement pour que dans le futur, dans un pays démocratique, "personne ne se permette de tuer un autre jeune ainsi " et, à cette seule fin, si nécessaire, il est possible d´utiliser la mémoire d´un fils.

"Aujourd´hui, j´éprouve de la joie à chaque nouvelle rencontre, chaque nouvelle amitié, chaque amitié retrouvée que Carlo m´offre, après un an, même en n'étant plus là. Aujourd´hui, j´éprouve de la douleur pour toute cette joie que je ne peux pas partager avec lui et de la rage envers ceux qui, quotidiennement planifient des morts, envers ceux qui considèrent une vie moins importante que le cours de la bourse. Rage envers ceux (ceux et non celui) qui me l´ont tué et qui continuent de le faire. Un an sans Carlo: un an pendant lequel on pleure, on se noie dans les occupations, quoi que ce soit pour ne pas penser; pendant lequel on pense, bientôt la confusion finira et il rentrera à la maison. Puis on se souvient de ce vide, et alors on s'accroche désespérément à son baiser lorsqu'on se rencontre, à son salut, à la chaleur de lui endormi sur le divan et moi qui m'accroupis près de lui. J´ai vécu 23 ans avec Carlo. Combien d´années devrai-je vivre sans lui?"

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